Estudiantes de La Plata a transformé une nuit de résistance au Maracanã en qualification pour la finale de Copa Libertadores. Le Pincha a fait 0-0 contre Flamengo, comme à l'aller, puis gagné 3-2 aux tirs au but. Fernando Muslera a repoussé trois tentatives et dominé le moment essentiel d'une série où les Argentins ont supporté la pression, l'infériorité numérique et un stade acquis au champion en titre.
Le plan initial n'était pas seulement défensif. Estudiantes a réduit les espaces de Flamengo, disputé chaque réception et produit les occasions les plus franches de la première période. Agustín Rossi a empêché Marcos Rojo de marquer, puis répondu à Rodríguez, dont la frappe a touché le poteau. Cette capacité à menacer a interdit aux locaux d'attaquer sans précaution et confirmé que le nul ne venait pas d'une attente passive.
Le match a changé cinq minutes après la pause lorsque Rodríguez a reçu un deuxième carton jaune. À dix, Estudiantes a reculé, fermé l'axe et multiplié les couvertures. Flamengo a contrôlé le ballon sans convertir sa supériorité en occasions nettes ; sa tentative la plus dangereuse fut une tête de Gonzalo Plata. Les changements d'Alexander Medina ont renforcé une structure qui a absorbé centres, seconds ballons et fatigue.
La séance a placé Muslera au centre. Le gardien de 40 ans a stoppé Jorginho, Lucas Paquetá et Bruno Henrique, trois arrêts qui ont brisé l'équilibre et rendu secondaires les doutes antérieurs sur sa forme. Estudiantes a réussi les tirs nécessaires pour gagner 3-2 et éliminer le tenant. La qualification n'est pas née d'un geste isolé, mais d'un projet maintenu et d'une exécution remarquable sous la pression maximale.
La réussite sportive appartient à un club qui débat depuis des années de son modèle de croissance. Sous la présidence de Juan Sebastián Verón, Estudiantes défend la possibilité d'introduire des structures privées dans le football argentin et s'oppose à la direction de l'AFA. Parallèlement, il a transformé le stade UNO en actif permanent, dont les activités commerciales, gastronomiques et corporatives réduisent la dépendance envers les jours de match.
La modernisation se traduit par des chiffres précis. Le stade a nécessité environ 45 millions de dollars, dont près de cinq millions seulement de financement bancaire, en associant fonds propres, actifs et accords commerciaux. Le dernier exercice mentionné a produit 457 millions de pesos d'excédent, une baisse de 21,47 % du passif et 63 002 membres actifs. Le débat institutionnel reste ouvert, mais la finale mesure sportivement un projet fondé sur la planification.
Estudiantes affrontera Palmeiras le 28 novembre au stade Centenario de Montevideo. Seul représentant argentin dans la décision, il retrouvera un adversaire habitué à ce niveau. La nuit du Maracanã offre une base claire : discipline pour résister, capacité à disputer le jeu avant de reculer et gardien décisif. La finale dira si cette combinaison peut transformer une campagne exceptionnelle en nouveau titre continental.